jeudi 15 Mar 2012

MegaUpload, première entrevue avec Kim Dotcom

MegaUpload

Vous êtes tous au courant de l'arrêt brutal du site de partage de fichiers MegaUpload et des autres sites du groupe, suivi de l'arrestation des dirigeants dont le président Kim Schmitz alias Kim Dotcom en Nouvelle Zélande.

Aujourd'hui il fait sa première apparition télévisée depuis son arrestation et sa libération sous caution. Il affirme bien sûr qu'il va se défendre et compare son activité à celle d'autres sites de partage tel que Google qui a souvent gagné des procès du même style. (À voir sur Tom's Guide). On imagine mal en effet le FBI fermer brusquement tous les sites de Google sous prétexte que Youtube sert à diffuser des vidéos illégales. Il faut dire que le géant ricain a beaucoup plus d'avocats que n'importe quelle autre entreprise du domaine! :-o

~

Que MegaUpload et ses dirigeants soient coupables ou non d'incitation au piratage et autres chefs d'accusation farfelus n'est pas ce qui me choque le plus. La chose la plus préoccupante dans cette affaire est la coupure brutale d'une vingtaine de sites web à travers le monde par le FBI, c'est à dire une organisation américaine, sans aucun procès...

~

Comment est-il possible qu'un site hébergé dans plusieurs pays puissent être coupé instantanément? Hé bien, la réponse est dans la centralisation d'Internet. Contrairement à ce qu'on pourrait penser, le réseau n'est pas vraiment mondial et ses origines américaines sont clairement marquées sur quelques points. Les noms de domaine .com, .net, .org... dépendent des USA et ils ont donc le pouvoir de suspendre n'importe quel site, même s'il est hébergé dans un autre pays.

Procédure américaine pour effets internationaux

L'action contre MegaUpload a été engagée aux États-Unis, mais ses effets sont eux bien internationaux. En saisissant 18 noms de domaines, les autorités américaines imposent d’une certaine façon leur procédure, et ses conséquences immédiates, aux autres États et à leurs internautes.

«Les autorités américaines ont clairement la mainmise sur toutes les extensions numériques qui sont gérées par des prestataires américains ou situés aux États-Unis. On est en plein cœur de la problématique sur le droit applicable lorsqu'on parle de nom de domaine, il y a un vrai conflit de juridiction» s'est d’ailleurs inquiété l'adjoint au directeur général de l'Afnic, Loïc Damilaville. (NdlR: L'Afnic est l'association française pour les noms de domaine en .fr) (Source ZDNet)

~

Ainsi, au lieu de "se féliciter" de l'arrêt de ces sites web et de la fermeture de MegaUpload, notre président et d'autres politiciens européens auraient mieux fait de s'insurger contre les méthodes totalitaires américaines sur le monde entier.

Dans un communiqué, Nicolas Sarkozy «tient à saluer l'opération de grande envergure lancée par la justice fédérale des Etats-Unis.». Il invite par ailleurs «les créateurs français à intensifier leur utilisation des procédures judiciaires d'ores et déjà existantes dans notre droit.»

Imaginons qu'un pays veuille conserver un site web qui lui tient à cœur, les USA pourraient décider d'eux-même de l'interrompre, et ceci avant même tout procès! Car je rappelle que Kim Dotcom et sa société n'ont pas encore été déclaré coupable de quoi que ce soit par un tribunal!

~

ActuRappelons aussi que les internautes ayant payé un accès au site et ceux y ayant stocké des fichiers importants en copie de sauvegarde ont perdu leur argent ou leurs fichiers! Ceci à la décision d'une branche policière américaine qui a "jugé" seule que s'ils utilisaient un site «à la réputation sulfureuse comme MegaUpload, ne pouvaient s'en prendre qu'à eux-même»! Carrément...

Pourtant les autorités américaines ont déclaré quelques jours plus tard que 10% des abonnés payants de MegaUpload ne l'utilisaient qu'à des fins 100% légal... Cela représente déjà des millions de personnes et on imagine donc que le nombre d'utilisateurs partiellement dans la légalité est très important. D'ailleurs je serais curieux de savoir le nombre d'enquêteur du FBI 100% dans la légalité... ;-)

~

En résumé, faire respecter la loi, c'est bien. Arrêter des personnes et des activités dont une partie légale, sans aucun jugement, en imposant cette décision à tous les autres pays du monde qui s'écrasent, c'est... très américain!

Et si jamais il était acquitté? Aurions-nous droit à des excuses, une remise en place du service et un remboursement en conséquence de la part des États-Unis? Ne rêvons pas! :-/


café Cet article vous a aidé? 
Offrez-moi un café!
Agrégateur informatique

Laisser un commentaire

Azur Dev